Mairie d'Erbray

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Les fours à chaux

Carte postale ancienne des foursCarte postale ancienne des foursCarte postale des fours

De la pierre à la chaux

Cadre géologique

Il existe deux gisements de calcaire sur la commune d'Erbray : un gisement de l'ère primaire (entre -540 millions d'années et -225 millions d'années) et un du dévonien inférieur (de -416   millions   à     -397 millions). Le second gisement qui existe à Erbray se situe au lieu-dit la Ridelais. Ce calcaire coquillier très friable, d'une couche de faible épaisseur, était employé par la quasi-totalité des forges de l'évêché de Nantes comme fondant (castine). En fait, le calcaire d'Erbray constitue une lentille, formée dans un bassin où la sédimentation s'opérait lentement, loin de tout apport de matières grossières. L'aspect de la faune dénote un dépôt dans une mer modérément profonde où les mouvements violents de la surface ne se faisaient pas sentir.

C'est en 1861 que M. Caillaud, directeur du musée de Nantes, annonça la découverte à Erbray d'un spécimen de la troisième faune silurienne. La découverte était de taille, puisqu'elle permettait d'affirmer, pour la première fois en Europe, la superposition du dévonien inférieur et du silurien supérieur. Depuis cette date, Erbray est connu dans tous les manuels de géologie comme celui d'une localité classique.

En 1889, un de nos plus célèbres géologues, M. Barrois, professeur à l'Université de Lille, a d'ailleurs consacré au calcaire d'Erbray, et à l'étude de sa faune, un de ses meilleurs ouvrages.

Une importante délégation internationale de géologues (français, allemands, américains, belges, hollandais et tchèques) est même venue en visite à la carrière de la Ferronnière en septembre 1964.

Historique

L'abbé Cotteux en 1891, dans son ouvrage "Erbray à vol d'oiseau" écrit : "Il est bien à croire que ce calcaire et cette castine, substances précieuses pour la fusion des métaux [...] n'avaient pas échappés à l'œil investigateur des Druides.", mais cela n'a aucune valeur historique, et on ne peut affirmer que le gisement était exploité dès l'époque gauloise. A en croire un autre écrivain local, l'abbé Goudé, des fours à chaux existaient dans la région dès le début du XVème siècle, notamment dans la paroisse de Saffré. Quoiqu'il en soit, il est probable que l'exploitation rationnelle du calcaire d'Erbray n'est pas antérieure au XVIIème siècle où, à la Ridelais et vers la Rousselière, des carrières sont mentionnées.

C'est à partir de 1750 que la fabrication de la chaux prend un certain essor, et lors des troubles révolutionnaires entre bleus et blancs, on employait la chaux d'Erbray pour couvrir les corps après les combats. Athénas, savant du début du XIXème siècle, s'intéressait aux fours à chaux de la Rousselière, et signale que la castine de la Ridelais était encore exploitée en 1800.

L'industrie chaufournière ne connaît un développement considérable que vers 1860. A cette époque, une quinzaine de fours est en activité. Dans les années 1886, devant la concurrence, tous les fours à chaux présents sur la commune d'Erbray, et qui sont propriétés de particuliers, sont amenés à fusionner en une seule et même société : la Société Anonyme des Fours à Chaux d'Erbray qui voit officiellement le jour en 1900. Cette société ne garde en activité que la carrière de la Ferronnière, ses fours et ceux du Cormier. Elle continue l'exploitation des fours ainsi que la vente de chaux et de castine. En se modernisant, les vieux fours ovoïdes sont remplacés par des fours droits, à sections circulaires. La Société Anonyme des Fours à Chaux d'Erbray, qui travaille beaucoup avec les forges d'Hennebont-Inzinzac-Lochristi (Morbihan) (70% de la production), subit de plein fouet les répercussions de la fermeture de celles-ci, effectuée en 1967. Elle se reconvertit alors vers la chaux agricole, mais cela ne peut suffire. Les dirigeants cherchent alors à implanter des cimenteries, en prenant contact avec des groupes industriels du bâtiment. Mais pour cela, le gisement de calcaire n'a pas de réserves suffisantes.

C'est alors qu'en 1968, la Société M.E.A.C. (Groupe Marnais d'Epandage en Amendements Calcaires), le plus gros producteur français de carbonate de chaux, se porte acquéreur de l'entreprise et construit une usine près des fours. La carrière de la Ferronnière est alors agrandie et approfondie, et le dernier four à chaux en activité, se trouvant sur le gisement, en empêchant cette extension, est arrêté en 1978, et démoli par la suite. Le four à chaux de la Ferronnière n'occupait plus que quatre personnes ! La Société M.E.A.C. est toujours active aujourd'hui à Erbray.

Bibliographie :

  • Fer et forges, Pays de Châteaubriant - Syndicat Mixte "Le Pays de Châteaubriant" - 2008.
  • Revue régionale n° 25, Tiez Breiz, Maisons et Paysages de Bretagne - 2006.
  • Ouest-France du 22 septembre 1964.
  • Erbray à vol d'oiseau - Jacques Cotteux - 1891.

fours a chaux

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