Mairie d'Erbray

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Personnalités

Bonne de Kerboudel de la Courpéan

1743 - 1813
Comtesse, épistolière

la moriviereSeconde fille de René - Joseph de Kerboudel de la Courpéan (1) et de Louise - Apolline de Bégasson de la Lardais, Bonne - Josèphe de Kerboudel, naquît à Rennes le 11 août 1743, passa son enfance entre la Morivière en Erbray, qu'elle quitta en 1775 pour le Morbihan, mais qui resta lieu de villégiature, et la Chaussée en Moisdon la Rivière : "Enfin nous sommes arrivés à cette antique demeure de mes pères [la Morivière] ; je l'aime, elle a vu croître mon enfance, elle me rappelle d'heureux jours coulés dans l'innocence et la paix. Mais que de larmes j'ai répandues en y entrant. Collée sur le sein de mon père, mes sanglots appelaient une mère adorée qui ne nous entend plus."

Elle suivit ses études à Rennes et subit l'influence de La Chalotais (2) qui était de sa parenté (3): "C'est dans la maison, c'est sous les yeux de ce grand homme que j'ai passé mon adolescence. Il m'élevait comme sa fille et pour la devenir. Toutes les fois qu'il en parle, et il en parle souvent, il verse des larmes. Voyez donc quelle fatalité ! [...] Quelles leçons j'ai puisées dans cette famille ! Quelle école de goût, de philosophie, de saine raison et de grandeur d'âme."

Bonne épousa le 27 juin 1763 à Vezin près de Rennes, le comte Charles - Bonaventure de Perrien de Crenan (4). Elle fit la connaissance au château de Locguénolé en Kervignac (Morbihan) d'un officier : le chevalier Guillaume - Jacques - André d'Indy (5). La comtesse entretint une correspondance avec ledit chevalier qui était devenu son amant.

Ce qui intéresse les castelbriantais, c'est que plusieurs missives furent écrites à la Morivière et à la Chaussée en août et septembre 1778. Elles donnèrent l'occasion à la comtesse de Perrien d'envoyer des bonbons à l'angélique, spécialité de Châteaubriant, au chevalier d'Indy : "Grâce au ciel, nous partons, je serai dans un mois dans la solitude de mon vénéré père, au château de la Morivière, près de Châteaubriant. J'y pourrai apprendre la route que je veux faire tenir à d'heureux bonbons d'angélique que je vous enverrai à Lisieux où vous serez probablement rendu. [...] Je ne quitterai la Morivière que les premiers jours du mois prochain. Vous recevrez avant ce temps ma boîte de bonbons."

"Souvenez-vous ... de penser à moi.
Partez, courez, volez, chère angélique,
À mon amant témoignez votre ardeur,
Et qu'en son sein, sans craindre la critique,
De vos bienfaits, il goûte la douceur.
Qui n'envierait votre charmant partage ?
De l'amitié vous resserrez les nœuds,
Du tendre amour vous devenez le gage,
Ô mes bonbons que vous êtes heureux !"

Bonne de Kerboudel de la Courpéan eut à souffrir de la Révolution française. En 1794, craignant d'être appréhendée à cause de son fils Joseph - Charles - Auguste de Perrien (6) que l'on disait caché dans les bois de la Morivière, la comtesse qui se trouvait au château se fit enfermer dans un tonneau que l'on dissimula dans une charrette de fagots. Bonne, par l'Épine Blanche, Châteaubriant, Rougé, Soulvache, Thourie, La Couyère, Corps Nuds ..., put se réfugier à Rennes. En 1799, la tourmente passée, Bonne de Kerboudel, ayant fourni des certificats attestant qu'elle n'avait pas émigré, fut rétablie dans ses biens qui avaient été saisis.

Bonne - Josèphe de Kerboudel de la Courpéan, comtesse de Perrien, s'éteignit à Hennebont le 9 avril 1813, âgée de soixante neuf ans.

En 1816, la marquise de Vichet qui détenait ses missives (7), écrivit à l'illustre vicomte François - René de Châteaubriand : "J'ai trouvé chez moi, parmi de vieux papiers négligés, un petit manuscrit dont la lecture m'a vivement intéressée. Plusieurs passages de ces lettres, dans lesquels se trouve votre nom, me font imaginer que la dame qui les a écrites pourrait être votre parente. Cette pensée me rend le manuscrit bien plus précieux. J'aurai donc l'avantage de vous le remettre, si vous désirez le lire."

Signature de Bonne de Kerboudel

(1) René - Joseph de Kerboudel (1713 - 1780) était seigneur de la Morivière, de la Grée et de la Courpéan, terres qu'il tenait de son ancêtre, Jacques de Kerboudel, Chef Ligueur, Gouverneur de la ville de Châteaubriant.

De Kerboudel : d'azur (alias : de sable) à deux épées d'argent garnies d'or, passées en sautoir, les pointes en bas.

(2) Louis - René de Caradeuc de la Chalotais (1701 - 1785) était procureur général au parlement de Bretagne, il se signala par la lutte qu'il mena contre les jésuites, dont il contribua, par ses écrits, à faire abolir l'ordre en France (1764). Par ailleurs, ses démêlés avec le duc d'Aiguillon, Gouverneur de Bretagne, firent de lui le chef de l'opposition parlementaire, toujours hostile aux agents de la centralisation. Il fut emprisonné en 1765, puis exilé. Louis XVI lui rendit sa charge (1775).

(3) Les registres d'Erbray de 1628 indiquent le mariage de Jean de Kerboudel avec Anne de Caradeuc de La Chalotais.

(4) Charles - Bonaventure de Perrien de Crenan (1733 - 1793).

De Perrien, originaire de Perrien, en Lanrodec (Côtes d'Armor) : d'argent à cinq fusées de gueules en bande.

(5) Guillaume - Jacques - André d'Indy (1725 - 1807), originaire de Boffres, en Vivarais (Ardèche).

(6) Joseph - Charles - Auguste de Perrien (1765 - 1832) fut porté sur la liste des émigrés en juillet 1792.

(7) Les missives de Bonne de Kerboudel avaient été collationnées sur un cahier par Guillaume- Jacques - André d'Indy.

Bibliographie :

  • Bonne de Kerboudel - Alfred Gernoux - 1934.
  • Les annales de Nantes et du pays nantais, Cantons de Moisdon et de St-Julien-de-Vouvantes (II) - Société académique de Nantes et de la Loire-Atlantique - 1967.
  • Filiations bretonnes 1650-1912 - Vicomte Henri Frotier de la Messelière - 1912 à 1922, rééd. 1965.
  • Nobiliaire et armorial de Bretagne - Pol Potier de Courcy - 8ème édition, 2000.
  • Dictionnaire Hachette - 2000.
  • Archives privées.

Henri Berriau

1871 - 1918
Colonel

BerriauLe 11 novembre 1871 naît à Erbray Henri Berriau. Fils d'instituteur, il grandit à l'école communale*, puis se dirige vers le métier des armes. En 1912, lors de la conquête du Maroc, il est Colonel et l'adjoint immédiat du Général Lyautey. Ce dernier confie à Henri Berriau l'organisation politique et administrative du pays, faisant de lui le premier directeur des Affaires Politiques du Protectorat et, par son action, le véritable inspirateur du Maroc moderne. Pendant toute la première guerre mondiale, il seconde Lyautey en l'aidant à lutter contre les constantes rébellions. En 1917, Henri Berriau épouse Simone Bossis qui devient ainsi Simone Berriau, célèbre actrice de théâtre et de cinéma du milieu du 20ème siècle. Vers la fin de la Grande Guerre, il est atteint par le typhus et meurt le 17 décembre 1918, en donnant ses derniers conseils à Lyautey : "Mon Général, faites attention aux rebelles qui se battent dans ...". Il ne peut achever sa phrase et expire, ayant servi la France jusqu'à son dernier souffle. Dans le cimetière d'Erbray, à quelques pas de la croix, un tombeau de marbre contient les restes de la famille du Colonel Berriau. Seule une inscription rappelle sa mémoire : Colonel Henri Berriau, mort pour la France, 1871 - 1918. Son corps repose à Nantes.

* L'ancienne école publique de garçons, a été rebaptisée "Salle Berriau", en souvenir de ce grand soldat et de son père qui y avait enseigné.

Bibliographie :

  • Les noms qui ont fait l'histoire de Bretagne - Coop Breizh et Institut Culturel de Bretagne - 1997.
  • Bulletin d'information du canton de St-Julien-de-Vouvantes - 1989.

Mini-reportage de Pulcéo :

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